Métier sac à dos : comment le trouver, comment le développer

L’interruption de carrière et l’insertion professionnelle pendant l’expatriation et au retour en France sont les principaux défis évoqués par les conjoints qui s’expatrient. D’autant plus que les expatriations sont souvent multiples et peuvent s’enchaîner à un rythme plus ou moins élevé avec plus ou moins de préparation. Une crise financière et les expatriés, anciens ou récents, sont rappelés en France. Un nouveau projet à l’autre bout du monde et une expatriation prévue pour durer 5 ans prend fin après seulement 18 mois… Comment dans ces conditions préparer son insertion professionnelle dans le pays hôte ? Et au-delà, comment se sentir prêt à vivre des expatriations successives ?

Depuis quelques années, la notion de métier sac-à-dos (portable career) s’est développée à propos des carrières des conjoints expatriés. De quoi s’agit-il ? De trouver une activité professionnelle qui ne soit pas (totalement) dépendante de son lieu de résidence ou que l’on puisse exercer n’importe où ou presque.

Les métiers généralement associés à cette démarche vont de professeur de français langue étrangère à web designer en passant par coach. Certains de ces métiers peuvent être exercés à distance, d’autres ont un marché dans de très nombreux pays. Des listes de métiers « recommandés » pour construire une carrière nomade se trouvent un peu partout sur Internet.

Au-delà, ce qu’il semble important de mettre en exergue, ce sont les compétences qui permettent d’évoluer d’un environnement professionnel à un autre et facilitent les transitions. Et surtout, comment trouver ce qu’est votre métier sac à dos.

5 compétences qui favorisent l’expatriation

1) Parler une ou plusieurs langues étrangères (a minima l’anglais)

Pas besoin d’explication particulière ici, mais l’expérience de l’accompagnement des conjoints expatriés montre que le fait de parler anglais à un niveau professionnel ne va pas de soi. Par ailleurs, l’anglais n’est pas toujours suffisant et la volonté d’apprendre la langue du pays d’accueil est certainement un atout.

Aux Pays-Bas, par exemple, l’anglais est facilement parlé par les Néerlandais, mais pour faire reconnaître un diplôme d’infirmière, il faudra parler un minimum de néerlandais (niveau B1)…

2) Avoir une forme d’agilité inter-culturelle

Toute expatriation conduit à un questionnement de notre identité… y compris dans des pays européens proches de la France. Savoir questionner ses propres réactions et attitudes est certainement un atout qui ne peut que favoriser l’insertion dans le pays d’accueil, professionnellement ou socialement.

Accepter par exemple que certaines cultures sont beaucoup plus directes que la culture française pour ne pas se laisser impacter par des remarques faites lors d’un entretien d’embauche…

Pour en savoir plus sur les compétences interculturelles : cet article est centré sur les Pays-Bas mais permet de penser à se poser les bonnes questions. Voir également le livre d’Erin Meyer : The culture map qui propose une grille de lecture des différentes cultures professionnelles.

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3) Savoir apprendre

Dans un contexte de changement de carrière, savoir apprendre va au-delà de la capacité à suivre une formation. Il s’agit d’une part de savoir ce que l’on ne sait pas (et d’accepter cette situation) et d’autre part d’être capable de construire sa connaissance à partir de l’expérience et de l’interaction avec d’autres.

Autrement dit être capable dans des situations, qui parfois sont très éloignées de nos habitudes, de construire sa connaissance et son savoir-faire en posant des questions, en observant, en n’ayant pas peur d’essayer.

4) Savoir développer son réseau

Compétence fondamentale durant une expatriation ! S’expatrier, c’est toujours à un degré ou un autre quitter sa zone de confort ; en particulier en quittant son entourage professionnel. Rebondir professionnellement à l’étranger nécessite d’acquérir des connaissances sur le marché de l’emploi local, sur les méthodes de recrutement, etc. Ces informations peuvent vous être fournies par des Associations d’expatriés locales qui sont un bon moyen de développer votre réseau ou par des collègues de votre partenaire. Quoi qu’il en soit, sortir de chez soi, rencontrer des expatriés et des habitants de votre pays d’accueil est le meilleur moyen de créer des opportunités professionnelles.

Voici l’exemple de Marie, expatriée ayant suivi son conjoint à Moscou et qui a trouvé son premier emploi là-bas (tout en apprenant le russe) en discutant avec une autre conjointe d’expat au bord de la piscine où leurs enfants jouaient.

L’importance de développer son réseau LinkedIn est évoquée ici.

5) Faire face à l’incertitude…

…et apprécier le processus autant que le résultat. Souvent plus facile à dire qu’à faire, mais se réorienter professionnellement est un projet qui peut prendre du temps et durant lequel il est plus que fréquent de douter : ai-je pris la bonne décision ? et si le métier que j’ai choisi ne me convient pas ? est-ce que je suis trop âgé-e pour changer ?

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Le questionnement associé à cette remise en question donne souvent l’impression d’avoir embarqué sur un grand 8 émotionnel – entre excitation d’un changement positif et appréhension de l’échec.

À ce stade, se faire accompagner par un professionnel est un bon moyen de garder le cap et surtout de ne pas se décourager.

Un court article sur l’incertitude qui accompagne tout changement de carrière.

5 conseils pour trouver son métier sac à dos

1) Évaluer vos motivations pour la construction d’une carrière nomade

Chacun investit son activité professionnelle de motivations qui lui sont propres. Il y a bien sûr la nécessité de générer un revenu, mais au-delà, et en particulier en expatriation, il peut s’agir du besoin de ne pas être isolé, du besoin de reconnaissance, d’un statut, d’une occupation pour sortir de la maison ou de l’envie de réaliser un rêve d’enfant.

En fonction des besoins et du ressenti, le temps et les ressources que vous pourrez consacrer à la construction de votre projet ne seront peut-être pas les mêmes.

2) Évaluer ce que vous savez faire

Tout parcours professionnel aussi sinueux soit-il vous permet de développer vos compétences – le volontariat également. Autrement dit, vous avez un portefeuille de compétences dont certaines sont attachées à un métier spécifique : par exemple, savoir établir le bilan comptable d’une PME ; d’autres au contraire sont utiles quel que soit le métier envisagé : par exemple, communiquer.

A ce stade, il est important de faire l’inventaire de ce que vous savez faire en reprenant votre histoire professionnelle, y compris les expériences comme volontaire ou les jobs étudiant et d’en dégager une ligne directrice, un fil rouge, des compétences, une activité que vous reconnaissez comme importante pour vous.

Prenons l’exemple de Selma qui est juriste : tout au long de sa carrière, en cabinet, dans des institutions internationales ou en entreprise, elle a mis en œuvre son sens de la relation client et du service, y compris dans un call center. Au-delà de ses connaissances juridiques, ce qui la motive, c’est le sentiment d’avoir rendu service ou d’avoir délivré un service de qualité à son client interne ou externe.
Elle envisage d’ailleurs une reconversion dans la restauration.

3) Évaluer ce que vous voulez faire

Explorer ce que vous voulez vraiment faire peut passer par lister les situations et activités que vous avez particulièrement appréciées dans le passé ainsi que celles que vous ne souhaitez pas revivre. Cette feuille de route vous permettra de ne pas vous égarer devant l’ensemble des possibilités.

fil rouge (1)

4) Explorer tous azimuts

Autorisez-vous à rêver un peu… et questionnez autour de vous des personnes qui ont connu de multiples expatriations, qui ont changé de carrière.
Dites-vous qu’il n’est pas toujours nécessaire de se former pour changer de métier et qu’il est aussi possible de changer d’avis, de se tromper et de tâtonner avant de trouver le métier qui pourra vous suivre à l’étranger.

Un exemple de changements multiples.

5) Enfin, confrontez-vous au principe de réalité

Pourquoi parler du principe de réalité ? Parce que qu’il est nécessaire de confronter ces différentes solutions à vos compétences et à vos envies ainsi qu’à votre environnement.
Vous voulez un métier qui puisse vous suivre ?
C’est souvent la première expatriation qui nous fait prendre conscience de notre envie de changer de métier et de carrière – ou parfois il devient évident que notre métier n’est de toute façon pas exportable : l’idée d’un métier sac à dos ne se précise qu’une fois fait le deuil de la vie d’avant, celle avec une carrière ou une vie professionnelle « évidente ». En cela, l’expatriation peut aussi être un tremplin, une opportunité pour construire un autre parcours.


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