L’entrepreneuriat, on en parle beaucoup. Est-ce pour vous?

[temps de lecture: 6 minutes]

Un grand nombre de demandes d’accompagnement ou de bilans de compétences sont en fait des demandes d’accompagnement vers l’entrepreneuriat, plus généralement vers une forme d’activité non salariée.
C’est un lieu commun de dire que l’entrepreneuriat, le travail en tant qu’indépendant a le vent en poupe depuis quelques années déjà. L’évolution  des législations – comme la création du statut d’auto-entrepreneur – n’a fait que suivre un mouvement démarré au début des années 2000 et amplifié par le développement d’internet et des réseaux sociaux.

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Tous indépendants ou entrepreneurs en 2050 ? La gig économie a-t-elle vraiment de beaux jours devant elle ?

Historiquement, le nombre d’indépendants a baissé en France entre les années 70 et les années 2000, du fait du développement de la grande distribution et de la disparition de nombreuses petites exploitations agricoles : en 1970, 20,8% des emplois étaient non salariés contre 10,6% en 2014 ; entre 2003 et 2016, le nombre d’indépendants en France a augmenté de 500 000.
Aux Pays-Bas, le nombre d’indépendants est un des plus élevés d’Europe, plus d’un million de personnes. Aux États-Unis, 36% de la population active travaille en freelance et il est attendu qu’en 2027, 50% de la population active travaillera en freelance (enquête menée par Upwork ).
La tendance est donc au développement de la gig economy, c’est-à-dire au développement de l’emploi d’indépendants, de freelancers pour des missions de courte durée au détriment des contrats de type CDI. La création d’entreprises est elle aussi en augmentation avec +6% entre 2015 et 2016 (source : Agence France entrepreneur).

Autrement dit, le développement de l’entrepreneuriat en France et en Europe est une tendance qui se maintient depuis plusieurs années.

Les médias en parlent, les réseaux sociaux offrent une caisse de résonnance efficace, les témoignages de personnes plus ou moins célèbres ayant trouvé le bonheur dans l’entrepreneuriat sont légion… Et les demandes d’accompagnement à la création d’activité se développent dans les accompagnements professionnels.

De ce fait, nombreux sont ceux qui pensent à l’entrepreneuriat comme un projet professionnel possible mais de « je ne serai jamais prêt » à « aujourd’hui tout le monde peut réussir sur internet », il existe une grande variété d’attitudes.

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Ce que ma propre expérience, l’accompagnement de clients dans leur projet d’entreprendre et l’animation d’une communauté de solo-entrepreneurs, m’a appris sur l’entrepreneuriat – particulièrement en solo, c’est qu’il existe certes des étapes incontournables mais que chacun va à son rythme.

Cet article n’est pas un guide de comment démarrer son entreprise, mais plutôt une sorte de pense-bête personnel des questions à se poser avant de se lancer. Tout en sachant qu’il n’existe pas de liste exhaustive de l’ensemble de ce à quoi il faudrait idéalement penser avant de se lancer dans l’entrepreneuriat.

Ne quittez pas votre emploi tout de suite

Dans cet article, j’évoque le fait de créer son activité sous l’angle d’une activité complémentaire pour voir si cela fonctionne.

Quand cela est possible, c’est un bon moyen de s’essayer à la création d’entreprise et de tester sa capacité à travailler de façon autonome sur un projet pour lequel on n’aura de compte à rendre qu’à soi-même.

Cela dit, si vous avez un mode de financement – économies, partenariat, etc. –  qui vous permet de subvenir à vos besoins avant que votre entreprise ne soit rentable, alors la question ne se pose pas forcément.

Aimez-vous/savez-vous travailler seul(e) ?

Toutes les entreprises ne se montent pas en solo mais lancer son activité nécessite au moins ponctuellement d’être capable de travailler seul, généralement devant son ordinateur.

La capacité de s’auto-motiver, de se fixer un rythme de travail, de se concentrer, y compris sur des tâches aussi excitantes que la comptabilité… est une nécessité. Personne ne viendra vous rappeler ce que vous devez faire. Au-delà, la solitude, à proprement parler, pèse à certains et même si les espaces de coworking se développent, ils ont un coût.

Les principaux freins

« Je ne suis pas prê(e) »

L’idée qu’il faudrait encore un diplôme ou une expérience avant de se lancer est un frein pour de nombreux futurs entrepreneurs. Alors bien sûr, si vous décidez de vous installer comme chef pâtissier après avoir été comptable, on imagine qu’un minimum de connaissances et de pratique est requis.

Mais si votre expertise est là, dites-vous bien que certes vous ne savez pas tout, mais vos connaissances sont suffisantes pour démarrer. L’idée est de continuer à apprendre tout en travaillant.

Avoir confiance en soi

Ce manque de confiance se traduit souvent par la peur de faire la promotion de son activité et le fait d’appliquer des tarifs qui ne permettent pas d’avoir une activité rentable. C’est donc un handicap important !

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On ne peut certes pas décréter la confiance en soi mais dites-vous qu’elle vient avec la pratique. Et aussi que le seul moyen d’avoir des clients est d’être clair sur ce que l’on veut leur offrir d’une part et sur les tarifs que l’on pratique d’autre part. Regardez ce qui se fait sur votre marché, étudiez ce dont vous avez besoin pour être rentable et calculer vos prix de manière à être capable de les expliquer.

Avoir peur de l’échec

Il ne s’agit pas de penser que l’échec n’a pas d’importance ou est inévitable. Il y a échec et échec… Perdre l’ensemble de ses économies dans un projet qui échoue peut être une catastrophe… rater l’organisation d’un événement ou le lancement d’un produit : pas forcément.

Se laisser séduire par des gourous de l’entrepreneuriat

Comme je l’écris plus haut : l’entrepreneuriat est à la mode ! Il existe donc de nombreux « experts » qui sont prêts à vous accompagner – moyennement un prix plus ou moins important. Je ne dis pas qu’il est inutile de se faire accompagner par un business coach… Je dis que le choix de cet accompagnement est fondamental. Choisissez quelqu’un qui vous est recommandé, qui est accessible et disponible et dont la gamme de prix vous convient.

Penser qu’avoir une passion suffit

Dans de très nombreux articles ou blogs, le mot entrepreneuriat est associé au mot passion : vous avez une passion, faites en votre activité ! Cette association permet à l’image de l’entrepreneur hyperactif de perdurer : vous êtes passionné = votre activité n’est plus un travail… Vous serez investis dans votre entreprise comme jamais vous ne l’avez été en tant que salarié. Certes, mais d’une part le burn-out de l’entrepreneur existe et d’autre part, avoir une passion ne signifie pas que l’on a les compétences nécessaires à la gestion de son entreprise.

Le cas particulier de l’entrepreneur par accident

Cette situation est bien plus fréquente qu’on le pense, surtout en expatriation. Il s’agit de se lancer dans l’entrepreneuriat sans en avoir a priori la « vocation ». Cela ne veut pas forcément dire que l’on n’est pas prêt, mais plutôt que l’on n’a pas d’appétence particulière pour le fait de travailler en solo, ou de gérer son entreprise.

Certes, vous avez une expertise que vous pouvez vendre mais pour différentes raisons, il ne vous est jamais venu à l’esprit de le faire à votre compte. Et cela ne présage en rien de votre réussite… simplement, peut-être vous faudra-t-il du temps pour envisager votre activité comme une entreprise – et pas comme un complément de revenu.

Il existe de nombreux « portraits » d’entrepreneurs mais l’expérience montre que si l’on peut y trouver de l’inspiration, on ne peut mettre dans la création de son activité que ce que l’on a: qu’il s’agisse de compétences, d’expérience, de tempérament, de personnalité et avancer à son rythme.


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