Comprendre le burnout en 5 questions

Cet article est une actualisation d’un post paru initialement en avril 2017

[Temps de lecture: 6 min] Le mot burnout est devenu d’usage courant ces dernières années, à tel point qu’il est souvent utilisé comme un mot valise qui recouvre des cas de harcèlement ou de dépression en passant par une fatigue intense. De nombreuses personnes ont entendu parler ou ont dans leur entourage une personne souffrant de burnout (48% des Français disent être touchés dans leur entourage par le burnout) et les articles sur le sujet sont légion dans la presse grand public.
Des chiffres sont avancés : en France, en 2012, le taux de prévalence de souffrance psychique au travail était de 3,1% chez les femmes et de 1,4% chez les hommes et en 2015, le nombre de personnes en souffrance psychique au travail était estimé à 490 000. Parallèlement, en 2014, le cabinet Technologia avançait le chiffre de 3 millions de personnes à risque de burnout en France. Ces chiffres sont à prendre avec précaution dans la mesure où le burnout n’est pas défini comme une maladie mais comme un ensemble de symptômes en lien avec le travail et qu’en France en tout cas, il n’est que rarement diagnostiqué.

 

#1 Comment se manifeste un burnout ?

Le syndrome d’épuisement professionnel – traduction de burnout en français – peut se manifester de différentes façons. Il s’agit bien sûr d’un épuisement donc de la sensation d’une fatigue insurmontable que le repos « normal » – week-ends, vacances – ne suffit pas à éliminer.

5 catégories de symptômes sont généralement répertoriées :

  • Des manifestations physiques comme des troubles du sommeil, des douleurs, en particulier dans le dos, dans la nuque, une perte de poids ou au contraire une prise de poids, etc.
  • Des manifestations comportementales et interpersonnelles marquées par une tendance à l’isolement, à l’agressivité, etc.
  • Des manifestations émotionnelles comme des angoisses, une humeur triste, une forme d’irritabilité ou au contraire aucune manifestation émotionnelle
  • Des manifestations cognitives comme le fait d’avoir du mal à se concentrer, de commettre des erreurs, etc.
  • L’expression d’une auto-dévalorisation

 

#2 Quelles sont les causes majeures de burnout ?

Historiquement, à la fin des années 70, le burnout a d’abord été décrit pour les personnels soignants ou investis dans une relation d’aide à la personne. Ce qui était alors en cause, c’était la difficulté de faire face à la souffrance des patients en particulier lorsque les soulager était impossible ; le sentiment de ne pas avoir les moyens de faire correctement son travailDepuis les années 2000, on parle de burnout dans toutes les activités et toutes les professions.

Le burnout est la rencontre d’un environnement de travail et d’une personnalité à un instant T.

D’un environnement de travail qui globalement ne permet pas à la personne d’avoir les ressources nécessaires pour accomplir son travail : ces ressources pouvant être plus de temps, le droit à l’erreur, le soutien social, etc. ou qui ne reconnaît pas le travail accompli. D’une personnalité fortement investie dans son activité et qui petit à petit se sent démunie et remise en cause dans son activité professionnelle.

Culturellement, le curseur n’est pas situé au même endroit selon les pays. En France, par exemple, le code du Travail et les intervenants spécialisés préconisent une intervention au niveau de l’organisation du travail en cas de souffrance des salariés. Aux Pays-Bas, en revanche, la prise en charge est avant tout individuelle : c’est la charge de travail de l’individu en souffrance qui sera aménagée sans que l’on repense nécessairement l’organisation collective et c’est au salarié que l’on demandera de prendre soin de soi pour avoir les ressources nécessaires à l’adaptation à son poste de travail.

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Très souvent, on associe burnout et conflit avec le management. La personne se sent harcelée, essaye de faire avec pendant un certain temps et finalement n’en peut plus. On parle alors souvent de burnout parce qu’un certain nombre de symptômes sont présents : perte de confiance en soi, fatigue, etc. débordements émotionnels.

Et il existe des personnalités toxiques dans tous les secteurs et dans toutes les entreprises, ce qui fait la différence, c’est la tolérance de l’organisation, et donc le rôle du management.

Mais les indépendants peuvent aussi faire un burnout… malgré l’absence de management… parce qu’ils se fixent à eux-mêmes des objectifs inatteignables. Les personnes en recherche d’emploi aussi parce qu’une recherche sans succès « use » et porte atteinte à l’estime de soi.

#3 Qu’est-ce que n’est pas un burnout ?

Le burnout n’est pas une maladie mentale, c’est un processus : une personne manifestera un certain nombres de signes avant d’être victime de burnout. Par définition, l’épuisement n’est pas instantané mais se manifeste au fil du temps.

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Très souvent, le burnout est symbolisé par une allumette consumée… Ce qui est une fausse représentation à 2 égards : 1) le burnout n’est pas soudain, 2) il ne consume pas entièrement puisqu’il est possible de retrouver une vie normale après un burnout.

Le burnout fonctionne plutôt comme le réservoir d’une voiture : tant qu’il y a de l’essence, on avance. Plus on accélère, plus on consomme rapidement son essence jusqu’au moment où, ayant oublié de contrôler sa jauge ou plus précisément ayant ignoré les signaux, on tombe en panne sèche.

Le burnout n’est pas non plus une dépression, même s’il peut conduire à un état dépressif. Son ancrage est avant tout professionnel.

Le burnout n’est pas non plus l’équivalent d’une addiction au travail (workaholic). C’est probablement le signe d’un engagement fort dans l’activité professionnelle et comprendre les sources de cet engagement est important pour le retour au travail et pour éviter les risques de rechutes.

#4 Y a-t-il des personnes plus à risque de connaître un burnout ?

C’est une question qui est souvent débattue. Si l’âge ne semble pas jouer de rôle, il semble que les femmes soient davantage à risque que les hommes. Mais les raisons pourraient être socio-démographiques et non biologique ou psychiques. Les femmes occupent par exemple plus souvent que les hommes des postes subordonnés donnant souvent moins de latitude décisionnelle. Elles sont aussi plus nombreuses à travailler à temps partiel et l’on pense depuis peu que le temps partiel de 4 jours par semaine est plus à même de générer du stress. Elles sont aussi plus souvent à risque de devoir sur-performer pour occuper des postes à responsabilités.

#5 Peut-on se remettre d’un burnout ?

Oui, à condition d’être accompagné et que la situation de travail qui a mené à l’épuisement soit modifiée. Autrement dit, il est nécessaire de comprendre ce qui a conduit au burnout, les signaux à reconnaître en amont et de reprendre progressivement le travail dans une situation améliorée.

L’accompagnement idéal devrait être médical, psychologique et un accompagnement à la construction d’un projet professionnel compatible avec la préservation de la santé apporte aussi des bénéfices.

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Pour savoir comment je peux vous accompagner dans la construction d’un projet professionnel qui fasse sens pour vous tout en préservant votre santé: sarah@time2changeconsulting.com


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